Maman, dis moi ! communication non verbale ...

Maman, dis moi ce que tu ne peux plus exprimer à haute voix !
“Je ne sens plus mon corps, je ne maitrise plus rien. Je vis au dessus de mon corps et je le réintègre à peine quelques instants.
Nous sommes comme des fantômes restés sur terre.
Les soignants ne nous comprennent pas , ne nous ressentent pas.
On se moque de nous. Nous ne sommes plus des individus mais carapaces physiques.
C’est un détachement long et progressif, notre conscience est ailleurs.
On peut faire revenir des automatismes mais c’est très fugace et cela ne tient pas.
Le rire et le chant sera de courte durée.
Manger nous redonne la sensation au corps.
Je sens ta présence ma fille et je sais, tu souffres avec moi.
Nous allons nous croiser.
J’abandonne tout et tout m’est retiré, il me reste ton immense amour indéfectible et les jolis vêtements dont tu me couvres.
Je reste très calme, les dames brutales quelque fois me ramènent à mon corps, je ne souffre pas beaucoup, tout est atténué. Notre être est ailleurs, il a fui , les chocs et les chagrins, et s’en va de la terre.
Le corps s’accroche tant qu’il pourra. Ne souffrez pas mes filles, ainsi va votre maman.
Ses peines ont soufflé sur son être et la flamme vacille sans s’éteindre.
Je vais glaner quelques miasmes de vie encore, je t’attends ma chérie je remonte à chaque visite comme celle de Valérie ou Patrice.
Je suis là, il y aura beaucoup à réparer la haut car rien n’est soigné ici.
J’avais mon ami François, perdu comme moi, le fil entre nous s’est cassé, maladresse des soignants nous ayant éloigné l’un de l’autre après ma fracture.
Il n’a pas pu tenir plus longtemps,” abandonnée de toi , je meurs.
”Ils sont très nombreux autour de moi, des présences très chères et fortes….”
Écriture automatique du samedi 25 janvier 2020.,à mon retour de Quiberon.

Par Véronique Le Bideau

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